Le 3 juin 2026, la région de Tahoua a accueilli une délégation conduite par la Secrétaire générale adjointe de la Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP), Mme Boukar Yagana, dans le cadre d’une mission de haut niveau de M. Brian J. Williams, Chef de la direction du financement au Bureau d’appui à la consolidation de la paix (PBSO) des Nations Unies. Cette mission, consacrée aux initiatives soutenues par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF), visait à apprécier les résultats des investissements réalisés en faveur de la paix, de la cohésion sociale et du leadership des femmes dans la région.
La délégation comprenait Mme BOUKAR yagana, SGA de la HACP, M. Brian J. Williams, Chef de la direction du financement du PBSO, Mme Temaizian Aline Napon, Représentante d’ONU Femmes au Niger, M. Jean-Claude Cigwerh, Coordonnateur du PBF, M. André Sourou Yebadoko, Représentant adjoint de l’UNFPA, ainsi que M. Paul Hovi Moussa, Coordonnateur des projets Femmes, Paix et Sécurité de ONU Femmes Niger.

La mission a débuté par une visite auprès du Gouverneur de la région de Tahoua, qui a exprimé sa reconnaissance au PBF, à ONU Femmes et ses partenaires pour leur appui aux efforts de prévention des conflits, de renforcement de la cohésion sociale et de promotion de la participation des femmes aux mécanismes locaux de paix et de sécurité. Selon lui, « les résultats observés traduisent une évolution significative des dynamiques communautaires, avec une implication des femmes et des jeunes dans les espaces de dialogue et de médiation, contribuant activement à la stabilité sociale et à la prévention des tensions ».
Après cette rencontre avec les autorités régionales, la délégation s’est rendue à l’Espace Saraounia, un espace de dialogue, de médiation et d’autonomisation des femmes construit par ONU Femmes grâce au financement du PBF dans le cadre du projet GPI 2.0. Devenu un véritable pôle de cohésion sociale, cet espace offre aux femmes un cadre propice au développement de leurs capacités de médiation, au renforcement de leur leadership et à la mise en œuvre d’initiatives au bénéfice de leurs communautés.

Les membres de la délégation y ont échangé directement avec les femmes accompagnées dans le cadre des projets financés par le PBF. À travers leurs témoignages, ces dernières ont donné un visage humain aux résultats des investissements réalisés. Elles ont expliqué comment les formations reçues, l’accompagnement dont elles bénéficient et les activités génératrices de revenus mises en place leur permettent aujourd’hui d’intervenir dans la gestion pacifique des conflits, de faciliter le dialogue entre communautés, de contribuer à la cohésion sociale et de renforcer leur autonomie financière.
Parmi elles, Ramatou Issaka, médiatrice dans la région de Tahoua et membre du Conseil consultatif régional de la Refondation, a témoigné de l’impact concret du projet sur son parcours.

Elle a exprimé sa gratitude envers le PBF et ONU Femmes pour les renforcements de capacités dont eont bénéficié les femmes de la région. Grâce à cet accompagnement, elle occupe aujourd’hui une fonction au sein d’un organe de prise de décision, illustrant ainsi les avancées réalisées en matière de participation des femmes à la gouvernance locale.
Elle a également lancé un appel à la poursuite et à l’extension de ces initiatives afin que les communes qui n’en bénéficient pas encore puissent y avoir accès. Selon elle : « la création d’un réseau international de femmes médiatrices permettrait également de renforcer les échanges d’expériences, le partage des bonnes pratiques et la contribution collective des femmes aux efforts de paix dans différents contextes ».
Les échanges organisés à l’Espace Saraounia ont démontré qu’en disposant des connaissances, des ressources et des opportunités nécessaires, les femmes deviennent de véritables actrices de changement, capables de prévenir les conflits, de promouvoir le dialogue et de renforcer la résilience de leurs communautés.

Cette conviction a trouvé un écho particulier dans les propos de Brian J. Williams, qui a rappelé que : « la paix se construit d’abord au niveau local et que les femmes représentent l’un de ses fondements les plus solides. Il a souligné que leur courage, leur engagement et leur capacité à faire entendre leur voix sont essentiels à l’édification de sociétés plus pacifiques et plus résilientes ». Il a également insisté sur le lien étroit entre autonomisation économique et consolidation de la paix, relevant que l’amélioration des moyens de subsistance permet aux femmes de participer davantage aux processus décisionnels et d’influencer positivement l’avenir de leurs communautés.
La visite a aussi permis à la délégation de rencontrer les préfets et les administrateurs délégués de la région. Ces échanges ont mis en évidence plusieurs bonnes pratiques développées dans le cadre des projets soutenus par le PBF, ainsi que les progrès enregistrés dans le renforcement de la collaboration entre autorités locales, leaders communautaires et organisations de femmes.

Pour la Représentante d’ONU Femmes au Niger : « les initiatives mises en œuvre à Tahoua démontrent clairement que les femmes sont au cœur des solutions durables de paix. L’engagement des médiatrices, leur résilience face aux défis et leur contribution quotidienne à la prévention des conflits illustrent les résultats concrets obtenus grâce à des investissements ciblés dans le leadership féminin ». Ces acquis confirment la nécessité de poursuivre les efforts afin de consolider les avancées réalisées et de renforcer les réseaux de femmes engagées dans la promotion de la paix.
Au-delà d’une simple visite de terrain, cette mission a constitué un hommage à ces femmes qui œuvrent chaque jour au rapprochement des communautés, à la prévention des tensions et à la promotion du dialogue. L’Espace Saraounia apparaît aujourd’hui comme un symbole vivant de cette dynamique, démontrant que lorsque les femmes sont placées au centre des stratégies de consolidation de la paix, les résultats sont tangibles, inclusifs et durables.
Principal mécanisme financier des Nations Unies dédié à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix, le Fonds pour la consolidation de la paix (PBF) soutient, grâce aux contributions volontaires de plusieurs États membres et partenaires internationaux, notamment Grâce aux contributions volontaires de plusieurs États membres et partenaires internationaux, notamment l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas, la Suisse, le Canada, la Norvège et le Japon des initiatives favorisant une paix inclusive et durable. À Tahoua, les résultats observés rappellent une réalité essentielle : les femmes ne sont pas seulement bénéficiaires des initiatives de paix. Elles en sont les principales bâtisseuses, ouvrant la voie à des communautés plus résilientes, plus inclusives et plus pacifiques.


