Ne dites plus que la sécurité internationale est une affaire d’hommes. En Côte d’Ivoire, la paix de demain s’écrira au féminin. Jeudi dernier, l’Hôtel des Armées a franchi un cap historique avec le lancement officiel du rapport de l’évaluation MOWIP (Measuring Opportunities for Women in Peace Operations) appliquée aux Forces Armées de Côte d’Ivoire (FACI).
Cette initiative d’envergure, portée par ONU Femmes Côte d’Ivoire avec l’appui du Fonds de l’Initiative ELSIE et de la CAPEC-CIRES, démontre une volonté politique claire : transformer l’institution militaire pour que la participation des femmes ne soit plus une exception, mais une force motrice.
Les chiffres du diagnostic : mesurer pour mieux agir.
Pour bâtir des stratégies efficaces, il faut s’appuyer sur la réalité du terrain. L’évaluation MOWIP, menée depuis janvier 2025, a combiné une analyse rigoureuse et une enquête humaine approfondie auprès de 380 militaires (dont 190 femmes et 190 hommes) à travers six régions militaires du pays : Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké, Korhogo, Man et Daloa.
Les statistiques révèlent les défis qu’il reste à relever pour atteindre une égalité réelle :
- 4 % seulement : C’est le taux actuel de représentativité des femmes au sein des contingents ivoiriens. Sur 2 395 militaires déployés dans les opérations de maintien de la paix entre 2017 et 2024, seules 96 étaient des femmes.
- 15 % et 25 % : Ce sont les objectifs fixés par les Nations Unies d’ici 2028 (respectivement pour les contingents militaires et les observateurs militaires et officiers d’état-major).
Les femmes au cœur de l’action et de l’efficacité opérationnelle.

L’expérience montre que la présence de personnels féminins sur les théâtres de conflits change la donne. Les femmes militaires favorisent un meilleur accès aux populations civiles locales, améliorent la collecte de renseignements et renforcent globalement la confiance envers les forces de sécurité.
L’intégration du genre, appuyée par le Plan d’Action National de la Résolution 1325 (2024-2028), n’est pas un simple exercice de relations publiques. C’est un impératif d’efficacité opérationnelle.

La Représentante Résidente d’ONU Femmes Côte d’Ivoire, Adjaratou Ndiaye a salué le leadership et l’engagement de l’État-Major Général des Armées, dont les efforts traduisent « une volonté claire de passer du diagnostic à l’action et de faire de ce rapport non pas une fin en soi, mais un véritable levier d’action et de transformation ».

Une vision partagée au plus haut sommet de la hiérarchie militaire par le Général Lassina Doumbia, Chef d’État-Major Général des Armées : « le rapport que nous venons de recevoir aujourd’hui, ne vient pas remettre en cause les efforts entrepris, il vient au contraire les éclairer, les renforcer et surtout nous permettre de passer d’une dynamique de progrès à une stratégie pleinement maitrisé ».
Une feuille de route pour la transformation institutionnelle.

Représentant le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, Mme la Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, a résumé toute l’ambition stratégique de ce projet :
« Pour la première fois, les Forces Armées de Côte d’Ivoire disposent d’un diagnostic complet, objectif et fondé sur des données probantes concernant les facteurs qui l’influence la participation des femmes militaires aux opérations de maintien de la paix. »
En ouvrant grand les portes des opérations de paix aux femmes grâce à ce plan d’action concret, la Côte d’Ivoire s’engage fermement dans la phase de diffusion et d’application de ces recommandations, réaffirmant son statut de leader moderne et engagé pour la sécurité globale.
Source : ONU Femmes Afrique


