L’audience est ouverte : justice pour toutes les femmes et les filles

Le peuple contre l’impunité dont souffrent les femmes et les filles

Partout dans le monde, des millions de femmes et de filles sont confrontées à la violence, à la discrimination et à des abus. Et trop souvent, le message qu’elles reçoivent est le même : ni justice ni aide pour vous. Il est possible qu’une affaire de viol ne soit jamais portée devant les tribunaux et que la victime souffre en silence. Le harcèlement sur le lieu de travail n’entraîne aucune conséquence et les rapports de force toxiques persistent. Une femme se rend dans un commissariat pour demander de l’aide, mais elle doit repartir chez elle sans protection, et elle risque de subir de nouvelles violences et des représailles pour avoir osé parler. Les femmes se voient refuser l’égalité salariale, le droit à l’héritage et les droits fonciers, ce qui en empêche bon nombre d’entre elles de construire une vie prospère et de façonner leur propre avenir. Cette discrimination systémique est souvent si profondément ancrée qu’il est impossible pour beaucoup de femmes de la contester.

Les lois existent, mais elles n’assurent pas à elles seules, la justice ou la protection. Les femmes restent exposées à des préjudices, elles sont contraintes de changer leurs habitudes, leur emploi voire leur domicile, tandis que ceux qui leur ont causé du tort ne subissent aucune conséquence.

C’est ce qui se passe lorsque les systèmes judiciaires ne parviennent pas à protéger les femmes et les filles, à les écouter et à agir. La violence et les discriminations se propagent, et l’impunité conforte les agresseurs étant donné qu’il n’y aura pas de conséquences et que l’état de droit importe peu.

Cet article revient sur cet échec et appelle l’impunité à la barre.

Quel est le chef d’accusation ? L’impunité dont souffrent les femmes et les filles

Il y a impunité lorsque des dommages sont causés sans conséquences. Lorsque les agresseurs ne sont pas inquiétés. Lorsque les survivantes se voient refuser protection, reconnaissance ou réparation. Lorsque des lois existent en théorie, mais ne sont pasappliquées dans la pratique. Ou, lorsque les lois discriminent les femmes et les filles, les privant de tout recours possible en justice.

En somme, cela signifie que partout dans le monde, les lois continuent de traiter différemment les femmes et les hommes. Les femmes ont moins de droits que les hommes, et ce en vertu de la loi. Ces vides juridiques déterminent qui est protégé, qui est cru, qui peut revendiquer ses droits et quelle version des faits fait autorité. C’est ainsi que l’impunité s’enracine : au-delà de la loi, à travers des récits qui minimisent la violence et les abus, remettent en question la parole des femmes et excusent ceux qui commettent des actes répréhensibles.

Pièce à conviction A : Une justice entravée

Les femmes et les filles sont confrontées à de nombreux obstacles imbriqués lorsqu’elles cherchent à obtenir justice :

  • Peur — des représailles, de la stigmatisation ou de ne pas être crues.
  • Silence — sous l’effet de la pression familiale et sociale, de la honte ou des menaces, elles peuvent être réduites au silence, ou se heurter au mutisme de la société ou des autorités.
  • Coût — frais juridiques, transport, perte de revenus et responsabilités familiales qui rendent la justice inaccessible pour beaucoup.
  • Manque d’aide juridique et de représentation — sans aide juridique accessible, de nombreuses femmes ne peuvent pas comprendre leurs droits, s’y retrouver dans les procédures ou contester les décisions, et elles sont contraintes d’affronter seules le système judiciaire ou d’abandonner tout espoir de justice.
  • Systèmes complexes — institutions fragmentées, bureaucratie, retards et barrières linguistiques qui épuisent les victimes, augmentent la retraumatisation et permettent aux affaires de s’enliser sans aboutir à une issue. Pour rendre justice, de nombreuses institutions différentes, telles que la police, les tribunaux, les services médicaux ou l’aide juridique, ne parviennent pas à travailler ensemble.
  • Préjugés et discrimination — au sein de la police, des tribunaux, des institutions et des médias.
  • Réactions négatives et stigmatisation — des représailles consécutives à la dénonciation d’abus, et le risque d’être blâmées, de ne pas être crues, ou pire encore. Par exemple, de nombreuses femmes déclarent avoir été traitées d’inaptes au mariage après avoir subi des violences sexuelles.

Pour les femmes confrontées à des formes croisées de discrimination, notamment les femmes migrantes, les femmes de couleur, les femmes en situation de handicap, les femmes vivant dans la pauvreté, les femmes ayant une identité de genre ou une orientation sexuelle différentes, ou les femmes touchées par un conflit, ces obstacles se multiplient….

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